L’Europe va interdire la fabrication des lampes à mercure. Les vieux éclairages publics seront bientôt obsolètes. 14.000 luminaires vont être changés à travers la Charente. Un chantier à 4 M€.

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C’est un chantier discret mais colossal. En quatre ans, la Charente va renouveler un cinquième de son éclairage public.

14.000 vieilles lampes au mercure à changer. Un chantier imposé: l’Europe interdit la fabrication de lampes à mercure à compter de cette année. En cause, le mercure, métal très toxique: chez l’humain qui l’inhale, il peut affecter les fonctions cérébrales et rénales.

Les lampes à mercure, qui avaient elles-mêmes succédé aux très énergivores ampoules à incandescence dans les années 1980, seront remplacées par des lampes à décharge ou des LED. Inoffensives et bien plus économes: les nouvelles lampes consomment 70 watts contre 120 watts pour les anciennes. Pour une qualité d’éclairage équivalente.

Ce chantier XXL devrait flirter au total avec les quatre millions d’euros. Une somme supportée à 70% par le Syndicat départemental d’électricité et de gaz (SDEG), qui prend aussi en charge la TVA. Le reste étant assumé par les communes.

Une facture de 600.000€ à Angoulême

Si le SDEG, présidé par Jean-Michel Bolvin, a tapé si généreusement dans ses fonds propres pour aider les communes, c’est qu’il y a urgence: un bon nombre d’entre elles n’avait pas toujours anticipé la fin des éclairages au mercure.

Exemple à Jarnac où 384 des 1.400 lampes des rues de la ville qui devront être changées dans les mois qui viennent. Montant de la facture pour la commune, pas franchement prévue: 27.000 euros. «Il fallait bien y venir», reconnaît François Raby, le maire.

L’éclairage public, «c’est 25% du budget énergie des communes», souligne Laure Gauthier, la directrice du SDEG. Le gérer au plus juste permet de réduire les dépenses. «Grâce à ces nouvelles lampes, nous allons faire de 30 à 40% d’économie sur notre facture d’électricité», calcule Eric Savin, le maire de Jauldes où une première tranche de travaux a été effectuée le 8 avril dernier: au total une soixantaine de points lumineux va être remplacée.

A Cognac on avait anticipé le problème: avant que le SDEG ne mette en place son plan d’aide aux collectivités, la plupart de ses lampes au mercure avaient été changées ces quatre dernières années. De quoi faire baisser de 20% la consommation électrique «sur un millier d’anciens points lumineux: leur remplacement a coûté environ 200€ pièce», calcule Philippe Ourtaau, des services techniques. Soit une facture globale de 200.000 euros.

Angoulême, qui compte 12.000 points lumineux, a lancé en 2010 une campagne de remplacement de 5.000 lanternes à foyer ouvert (dont 400 à mercure), elles aussi très énergivores, pour faire des économies.

Pourtant le coût des consommations électriques liées à l’éclairage public a augmenté à Angoulême: il était de 579.000 euros en 2010, il était de 622.966 euros en 2014. Une augmentation «liée à la hausse du prix de l’électricité», décrypte Jonathan Gadesaud qui estime aussi qu’avec ces éclairages modernes, «on économise en frais de maintenance.»
Réduire le plus possible la facture. C’était déjà l’idée du SDEG lors de ses précédentes campagnes: 5.000 lampes «à boules» peu productives qui éclairaient autant le ciel que le sol avaient déjà été changées de 2010 à 2012.

«Nous avons aussi installé 4.200 horloges astronomiques commandées par GPS à travers le département, indique Laure Gauthier. Elles permettent de commander avec précision l’allumage et l’extinction de l’éclairage public en fonction du lever et du coucher du soleil.»